Aoûtats : reconnaître les piqûres et calmer les démangeaisons
Vous avez passé l'après-midi dans l'herbe, et le soir venu la démangeaison est insupportable. Elle est concentrée derrière les genoux, à la taille, aux chevilles, exactement là où les vêtements serrent. Vous n'avez rien vu, rien senti sur le moment. Ce sont probablement des aoûtats.
Ce n'est pas un insecte, et il ne pique pas vraiment
L'aoûtat est la larve d'un acarien, le trombidion. Elle mesure environ deux dixièmes de millimètre, ce qui explique qu'on ne la voie pas. Elle vit dans les herbes hautes, les pelouses, les jardins, les sous-bois, et son nom vient de sa période d'activité : la fin de l'été, principalement août et septembre.
Elle ne perce pas la peau pour boire du sang. Elle s'accroche, injecte une salive qui dissout les cellules superficielles, et se nourrit de ce liquide. C'est cette salive qui déclenche une réaction inflammatoire très vive.
Deux idées fausses circulent, autant les écarter. L'aoûtat ne s'enfonce pas sous la peau et n'y reste pas : il se détache tout seul après quelques heures, et la démangeaison qui persiste ensuite est la réaction de votre peau, pas la présence de l'animal. Et il ne transmet aucune maladie en Europe.
Comment reconnaître les piqûres
Le motif est assez caractéristique. De petites papules rouges de un à deux millimètres, groupées en amas, avec parfois une minuscule vésicule au centre. La démangeaison est disproportionnée par rapport à la taille des lésions, et souvent pire la nuit.
La localisation est le meilleur indice : les aoûtats s'arrêtent là où un obstacle les bloque. Élastique des chaussettes, ceinture, élastique des sous-vêtements, plis des genoux et des aines, creux des coudes. Une éruption qui dessine la trace d'un élastique après une sortie dans l'herbe, c'est presque une signature.
Le délai compte aussi : la démangeaison commence généralement trois à six heures après l'exposition, pas immédiatement. Elle dure ensuite couramment une à deux semaines, ce qui surprend beaucoup de gens.
Les gestes utiles au retour
Le premier réflexe est le plus efficace : douchez-vous en rentrant, en savonnant et en frottant à la main les zones exposées. Les larves encore accrochées partent mécaniquement. Plus vous le faites tôt, moins la réaction sera forte.
Passez les vêtements portés directement en machine, sans les laisser traîner sur un lit ou un canapé.
Ensuite, il n'y a pas de traitement qui raccourcisse la réaction. On soulage. Évitez de gratter, parce que ces lésions s'infectent facilement quand on les ouvre, ce qui est la seule vraie complication.
Éviter la prochaine fois
Ils vivent au ras du sol. Un pantalon long rentré dans les chaussettes, des chaussures fermées et le fait d'éviter de s'asseoir directement dans l'herbe suffisent à réduire beaucoup l'exposition. Une serviette ou un plaid entre vous et la pelouse change les choses.
Une pelouse tondue court, ensoleillée et sèche leur convient moins que les herbes hautes et humides.
Quand consulter
Si une lésion devient chaude, douloureuse, entourée d'une rougeur qui s'étend ou laisse s'écouler du pus, s'il apparaît de la fièvre, ou si la démangeaison empêche de dormir depuis plusieurs nuits. Un médecin ou un pharmacien pourra proposer un traitement adapté.
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de doute sur une éruption cutanée, consultez un professionnel de santé.