Pourquoi une piqûre de moustique gratte-t-elle ?
Un moustique vous pique, et pendant deux minutes, rien. Puis ça commence. Le bouton gonfle, la démangeaison s'installe, et vous allez passer les prochaines heures à vous retenir de gratter. Ce qui est étrange, quand on y pense : la piqûre elle-même est indolore. Alors pourquoi ça démange ?
Ce n'est pas la piqûre, c'est la salive
Pour se nourrir, le moustique doit empêcher le sang de coaguler. Il injecte donc un peu de salive, qui contient des anticoagulants et des protéines. C'est cette salive, et non le trou minuscule laissé par la trompe, que le corps identifie comme une intrusion.
Des cellules immunitaires présentes dans la peau, les mastocytes et les basophiles, reconnaissent ces molécules étrangères et déclenchent une riposte. Elles libèrent de l'histamine et d'autres médiateurs de l'inflammation. Tout ce qui suit découle de là.
Le bouton et la démangeaison ont la même origine
L'histamine fait deux choses en même temps. Elle dilate les vaisseaux sanguins autour de la piqûre et les rend plus perméables : du liquide s'échappe dans les tissus, et c'est ce qui forme la petite bosse rouge. C'est un œdème, rien de plus.
Et elle stimule les fibres nerveuses de la peau, celles qui transmettent la sensation de démangeaison au cerveau. Le signal part, il est reçu, et l'envie de gratter devient difficile à ignorer.
La démangeaison apparaît généralement quelques minutes après la piqûre. Elle peut durer de quelques heures à deux ou trois jours, avec un inconfort qui s'atténue le plus souvent après vingt-quatre à quarante-huit heures.
Pourquoi se gratter soulage, puis aggrave
Et là se trouve le mécanisme le plus intéressant. Quand vous grattez, vous ne faites pas disparaître l'histamine. Vous stimulez les terminaisons nerveuses voisines, celles qui transmettent la pression et la douleur. Ces nouvelles sensations arrivent au cerveau et masquent temporairement celle de démangeaison.
C'est ce qu'on appelle la contre-stimulation : on ne supprime pas le signal, on le couvre par un autre. D'où ce soulagement immédiat mais très court.
Le problème, c'est que gratter agresse la peau, ce qui relance la libération d'histamine. Le soulagement dure à peine quelques instants, la démangeaison revient plus forte, et le cercle se referme. Sans parler du risque d'ouvrir la peau et d'y laisser entrer des bactéries.
La chaleur suit le même principe, sans les inconvénients
Si se gratter fonctionne quelques instants parce que la sensation de pression couvre celle de démangeaison, alors n'importe quelle autre sensation forte et localisée devrait produire le même effet. C'est le cas de la chaleur.
Une chaleur brève appliquée sur la piqûre stimule les mêmes fibres nerveuses. La sensation de chaleur prend le dessus, et l'envie de se gratter retombe. La différence, c'est qu'on n'abîme pas la peau et qu'on ne relance donc pas le cycle.
C'est exactement le principe sur lequel repose Pik : un embout en céramique qui chauffe, qu'on pose sur la piqûre 5 secondes. Rien à étaler, rien à avaler, c'est la chaleur seule qui agit.
Cet article décrit un mécanisme physiologique et ne constitue pas un avis médical. En cas de réaction inhabituelle, de gonflement important ou de doute, adressez-vous à un professionnel de santé.